Castelnau Mtier-Ste Alauzie. L’énigme du Moulin de Ramps

Actu Lot – La vie quercynoise n°3984 du jeudi 24 mars 2022

Un mystère plane sur l’un des moulins situé sur la commune de Castelnau-Montratier – Sainte Alauzie, depuis la découverte de vestiges dont l’origine n’est pas encore résolue.

© M-F Plagès
Le moulin de Ramps et la cavette à Castelnau-Montratier – Sainte Alauzie dans le Lot. (©M-F. P. / Actu Lot)

Depuis son inauguration le 1er novembre 2018, il plane toujours autour du moulin de Ramps de Castelnau-Montratier, dans le sud du Lot, un mystère tout entier. Ayant retrouvé ses plus beaux atours, aux côtés de la borne milliaire, un vestige a surgi du passé posant de nombreuses questions, non encore élucidées aujourd’hui pour la plupart.

Telle une détective historique, Thérèse Rességuier-Lacalmontie, présidente de l’AMBC (association des moulins du canton de Castelnau-Montratier), s’est plongée dans les livres, les documentations, les archives, les témoignages, les avis de spécialistes afin d’essayer de retracer l’histoire de ce qui fut appelé dans un premier temps « l’abri de l’âne » et nommé maintenant « la cavette ».

Récit d’un bien mystérieux vestige du passé.

Un peu d’histoire

Au pied du moulin, une voûte embroussaillée et enfouie dans le sol laissait entrevoir son arc avec quelques pierres apparentes.

En juin 2019, une équipe de bénévoles de Patrimoine de nos enfants entreprenait de dégager une partie de ce qui fut considéré comme un abri au début. Très rapidement, l’équipe entrevoyait l’emprise au sol, et un des gonds de la porte d’entrée. L’euphorie du moment a fait vite place à ce qui aurait pu s’apparenter à des fouilles.

Alors, l’association, sur les conseils d’un archéologue, s’est tournée, en juillet 2019 vers la Drac afin de prescrire un diagnostic archéologique. Les fouilles ont été réalisées en janvier et février 2020 par une cellule archéologique du Département. Le rapport a permis de conclure à une datation entre la fin du XVIIIe et milieu XXe siècle du vestige qui pourrait avoir eu comme vocation un usage agricole. Si, aujourd’hui le site, est libéré de toutes contraintes au titre de l’archéologie préventive suite aux conclusions de la Drac, le mystère de ce vestige reste tout entier.

En effet, aucun moulin ne possède une annexe.

Préservation et conservation

Alors que Thérèse Rességuier-Lacalmontie fouille les archives du passé pour élucider ce mystère, le site actuellement dégagé est en proie à toutes les intempéries, il est donc essentiel de penser à sa préservation.

Elle a donc entamé une démarche auprès de Pierre Sicard, architecte des bâtiments de France dans l’intention d’avoir son avis sur la préservation et la conservation du site. Elle exprimait en ces mots ses interrogations : « L’AMBC, quoique n’ayant ni droit ni titre sur le site, mais se sentant moralement responsable de la fragilisation du vestige par le dégagement qu’elle a suscité, intervient auprès de vous pour connaître les mesures de conservation ou de restauration que vous pourriez préconiser et que vous autoriseriez… Quelle que soit l’histoire de ce vestige il me semblerait coupable de l’abandonner à une démolition certaine, dans un avenir proche, par la succession des phénomènes météorologiques tels que sécheresse, pluie et gel ainsi que par la main de l’homme, de même qu’il serait dommage de priver notre patrimoine de ce témoin singulier de l’histoire de la vie rurale en Quercy Blanc, sis en un lieu par ailleurs chargé d’une histoire encore plus ancienne ».

L’intérêt du site n’est plus à prouver mais il reste à faire la demande auprès de la municipalité pour entreprendre les démarches de conservation préconisées ainsi que le choix d’un maître d’œuvre qualifié qui a une expertise reconnue pour faire ce genre de travaux.

Recherche historique

La férue d’histoire locale qu’est Thérèse Rességuier-Lacalmontie n’abandonne pas le projet de trouver tous les indices qui pourraient l’aider à comprendre la propre histoire de cette cavette. Elle compte également éveiller la curiosité d’historiens qui pourraient lui apporter des informations complémentaires.

Familière des archives départementales, elle a déjà pu avoir différentes pistes intéressantes sur le cadastre napoléonien où 81 ares de vignes étaient cadastrés. « Cela pourrait donner une indication sur la vocation de l’abri voûté. En effet, à la lecture de l’ouvrage de Jean Lartigaut Les campagnes du Quercy après la guerre de Cent ans… l’on peut concevoir qu’il s’agirait d’une cavette servant à entreposer du matériel de vendange » précise Thérèse Rességuier-Lacalmontie. Avis aux amateurs et découvreurs d’histoires anciennes, le mystère de « la cavette » de Ramps ne demande qu’à être résolu.

MARIE-FRANÇOISE PLAGÈS

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