Lot. »L’étang du Drac », l’aventure, l’amitié et un film de copains

Actu Lot – La vie quercynoise n°3986 du jeudi 7 avril 2022
© M-F Plagès

Habitant Castelnau-Montratier dans le Lot, Jean-Paul Garrigues évoque le tournage du film « L’étang du Drac » et le groupe de copains des King Boys par qui l’aventure a commencé.

Jean-Paul Garrigues montre des photos de la grande époque des King Boys à Cahors dans le Lot. (©M-F. P.)

Prochainement le réalisateur André Clamagirand, originaire du Lot, va démarrer le tournage d’un film « L’étang du Drac » adapté du roman de Michel Souladié.

Ami du réalisateur, Jean-Paul Garrigues, de Castelnau-Montratier, sera aussi de la partie, en donnant, dans une scène, la réplique à l’acteur principal et en assurant le rôle de photographe de plateau. Une expérience toute nouvelle pour ce Castelnaudais même si déjà par le passé il avait pu suivre le travail d’un tournage sur le film « La terre et les moulins ». Là c’est tout officiellement qu’il a été demandé par l’équipe.

Un film de copains

Et c’est bien d’un film de copains de l’époque du lycée de Cahors dont il est question qui va mettre en valeur quelques lieux incontournables du département du Lot dont le village de Castelnau-Montratier.

Afin de bien appréhender comment cette aventure a commencé, Jean-Paul Garrigues a bien voulu expliquer, en remontant aux sources, la naissance d’une grande amitié entre plusieurs camarades qui n’a jamais été rompue. Pour illustrer le parcours de cette bande d’amis les albums photos et articles de presse recueillis par Jean-Paul Garrigues sont de précieux témoins d’une époque qu’il évoque avec beaucoup d’enthousiasme.

King Boys et yé-yé

En se remémorant les nombreux souvenirs, entre rires et émotions, Jean-Paul ne tarit pas d’anecdotes, de rencontres, d’histoires sur l’amitié qui a été un fort liant, dans leurs premières années de jeunesse. La grande bande de copains : André, Michel, Claude, Albert, Jean-Paul allait faire parler d’eux. En effet, ses amis de toujours avant d’être réalisateur, musiciens, journaliste, écrivain… ont fait trembler les pistes de danse avec leur groupe les King Boys, pendant plus de 4 ans, dans les années 60. Toute une histoire !

En 1963, au lycée Gambetta de Cahors, Dédé (André Clamagirand), qui avait l’intention de monter un groupe, est allé trouver Jean-Paul, car il savait qu’il jouait de la guitare. C’était l’époque des yé-yés et des groupes comme « Les chaussettes noires ». L’idée plaît à Jean-Paul. Le frère d’André est à la batterie et est rejoint par Jackie Quèbre. Ainsi constitué, le groupe répète tous les jeudis soir, se forme petit à petit, étoffe son répertoire.

Le groupe les « King boys » venait de naître. Quatre garçons, cheveux au vent, mais coiffure « banane » de rigueur (batteur, bassiste, accompagnement, soliste), allaient faire vibrer les dancings. Dès qu’ils sont prêts, la scène musicale est là pour les accueillir. Place aux surboums, bals, grandes fêtes de Cahors-le-Haut et le foyer Barbacane où ils joueront très régulièrement auprès d’un public conquis. « D’ailleurs dans ce public que nous avions, on retrouvera dans le film certaines de ces personnes » s’amuse à souligner Jean-Paul. Il rajoute « nous avons fait des exhibitions au théâtre de Cahors. On a même passé un concours d’orchestre que l’on a remporté. C’est Patricia Carli (elle était 1re au hit-parade de Salut les copains) qui nous a remis le prix ».

Retrouver les amis

Le groupe a eu son succès, mais les destins ont amené chacun sur des chemins très différents. Certains sont restés dans la musique comme Claude Villière qui assurera le mixage son sur le film, André Clamagirand, l’agent artistique des King Boys, suit la voie du documentaire et des films en Bretagne pour finalement revenir et mettre à bien ce projet et Jean Paul laissera la musique de côté pour se consacrer à travailler dans différents journaux… L’évocation de tous ces destins croisés et la liste des copains est loin d’être exhaustive.

Jean-Paul attend beaucoup de ce film : le plaisir de retrouver les amis, le projet en lui-même qui met en valeur le Lot, et le fait de faire partie intégrante de ce thriller. « André m’a donné le rôle d’un chasseur nommé Marius et je vais donner la réplique à l’acteur principal. Je ne sais pas si je vais vraiment pouvoir garder mon sérieux. C’est Claude Villières qui s’occupe du mixage son sur le film qui a suggéré à Dédé de me prendre comme photographe plateau. Du coup, je vais suivre les étapes du film en entier sur une semaine. C’est vraiment nouveau pour moi et c’est ce qui m’a plu » se réjouit Jean-Paul que l’on pressent heureux de participer à ce film.

Il précise « L’action se passe Au Vigan près de Gourdon, mais il met le Lot en valeur en montrant quelques endroits remarquables. Pour Castelnau, c’est moi ai suggéré les sites emblématiques. En effet, le village fait partie d’une des communes qui a soutenu ce projet et il sera mis à l’honneur dans le film ».

Alors « Action »…

Marie-Françoise Plagès